Prendre le temps de guérir
Peut-être que toi aussi, tu as déjà ressenti cela…
L’impression de faire du travail sur toi, d’avancer…
et pourtant, parfois, de revenir au même endroit.
Comme si quelque chose en toi résistait.
Et dans ces moments-là, une petite voix peut apparaître :
“Pourquoi ça ne va pas plus vite ?”
Dans un monde où tout s’accélère, où l’on nous promet des transformations rapides et des solutions immédiates, il est facile de croire que l’on devrait guérir au même rythme.
Mais si, en réalité… tu étais exactement là où tu devais être ?
« Un gland n’a pas mis trois semaines à devenir un chêne. »
Nous vivons dans un monde où tout va vite.
Fast-food, fast fashion… et même fast développement personnel.
Ce rythme effréné finit par épuiser notre énergie.
Je ne parlerai pas ici des enjeux écologiques liés à la malbouffe ou à la surconsommation — même s’ils sont bien réels : un monde qui rend malade, qui exploite, qui pollue.
Non.
Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un autre “rapide” : celui qui touche à l’intime.
L’illusion du changement instantané
Le développement personnel n’échappe pas à cette accélération.
On voit émerger des coachs et des thérapeutes formés en quelques week-ends, promettant monts et merveilles :
“Libérez toutes vos mémoires en une séance !”
“Transformez votre vie en 3 étapes !”
Tout doit aller vite.
Parce qu’il faut vendre.
Parce qu’il faut consommer.
Mais la thérapie, la vraie, ne peut pas s’inscrire dans cette rapidité.
Le doute… même chez les thérapeutes
Parfois, je me surprends moi-même à penser :
« Tu en es encore là ? Avec tout ce que tu as appris, libéré… et tu te dis thérapeute ? »
Et puis je reviens à l’essentiel.
Se libérer, grandir, évoluer… prend du temps.
Quand c’est vrai. Quand c’est profond.
Il n’y a pas de baguette magique.
(Même si, avouons-le, ce serait parfois tentant…)
Le chemin n’est pas linéaire
Une peur, une blessure peut mettre des années à se transformer.
Parfois, deux séances suffisent — parce que c’est le bon moment.
Parfois, on a l’impression de stagner… de tourner en rond.
Mais en réalité ?
C’est comme une spirale.
Vue du dessus, on tourne.
Vue de côté, on monte.
Parfois, les changements sont subtils.
Parfois, une simple lecture, une discussion, déclenche quelque chose.
Parfois, il faut du temps parce que nous ne sommes pas prêts.
Ou simplement fatigués. Pris par la vie.
Et c’est OK.
Chaque parcours est unique
Parfois, une séance avec un thérapeute fait toute la différence.
Parce que c’est le bon moment.
Parce qu’elle arrive après une multitude de petits pas invisibles.
Parfois, il en faut dix.
Parfois, il en faut davantage.
Parfois, il faut croiser plusieurs approches, plusieurs personnes.
Car une blessure…
D’où vient-elle ?
De l’enfance ?
D’un événement récent ?
D’une mémoire plus ancienne ?
Et surtout : à quel point nous a-t-elle marqués ?
Tout cela joue un rôle dans notre chemin de guérison.
L’importance du chemin
Je crois profondément à cela :
le chemin compte autant que la destination.
Que serait Compostelle sans le chemin ?
À quoi bon “aller mieux” si l’on n’a pas rencontré, compris, traversé ce qui était là ?
Guérir, ce n’est pas seulement franchir une ligne d’arrivée.
C’est se rencontrer, se transformer, s’habiter.
Devenir son propre refuge
Oui, entreprendre un chemin thérapeutique prend du temps.
Parfois toute une vie.
Et peut-être que le premier pas, le plus essentiel, est celui-ci :
devenir son propre thérapeute.
Apprendre à prendre soin de soi
comme on prendrait soin d’un enfant précieux,
ou de notre meilleur ami.
Alors, je t’invite doucement à revenir à toi…
Que ressens-tu, là, maintenant, dans ton corps ?
Quelle émotion est présente ?
Tu as le temps.
De quoi as-tu besoin ?
Ici et maintenant,
tu es assez.
Tu es aimé(e).
Tu es en sécurité.
Comme une graine…
Comme une graine,
prends le temps de germer.
De plonger tes racines en profondeur.
De fortifier ton tronc.
De grandir, doucement.
De déployer tes branches…
Avant de devenir un arbre.

Mais TELLEMENT8